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Position sur l'Allemagne

C’est de l’échec que la deuxième guerre mondiale a été pour lui, que Robert Schuman a compris les modalités et l’urgence d’une réconciliation avec l’Allemagne. Echec… certes la France est sortie victorieuse du conflit, mais Schuman est resté jusqu’au bout pacifiste convaincu. Si dans l’entre deux guerres il s’est montré favorable à l’exécution sévère des clauses du traité de Versailles, à la politique dePoincaré dans la gestion de la crise de la Ruhr en 1923, s’il a voté les crédits nécessaires à la construction de la ligne Maginot en décembre 1929, il ne demeure pas moins défenseur d’une politique de paix. Son intime conviction fera de lui un fervent du Traité de Munich le 30 septembre 1938, qui donna toute satisfaction à Hitler. Sa bonne connaissance de l’Allemagne ne lui permet semble-t-il pas de mesurer l’ampleur des desseins hitlériens. Il en tirera leçon : le pacifisme peut devenir une idéologie, et voiler la réalité.

Si tôt au Ministère des Affaires étrangères en 1948, il entreprend une politique de réconciliation, mais avec une vision claire de la situation : il faut éviter l’unité allemande, et doter l’Allemagne d’un gouvernement fédéral.

Un pouvoir centralisé signifierait pour l’Allemagne la tentation et pour nous-même une permanente et progressive menace de revanche d’abord, et d’impérialisme belliqueux ensuite.

Si le statut d’un état fédéral d’Allemagne fait l’unanimité chez les Occidentaux, les Américains le veulent fort, capable de faire face à la poussée communiste. Schuman sait que la RFA revenue dans le concert des nations ne tombera pas dans le nationalisme si elle est associée à l’Europe par des liens contractuels sauvegardant ses intérêts. Mais il faut pour cela plus qu’un espoir, il faut déjà un début de réalisation européenne…

 

L’occasion se présente dans un conflit : la toute jeune RFA revendique déjà le rattachement de la Sarre (ayant son propre gouvernement) et le contrôle des productions sidérurgiques et minières de la Ruhr, placée sous autorité internationale. Les relations entre la France et l’Allemagne sont au plus tendus. De vives campagnes anti-françaises fleurissent en Allemagne. Les premiers rapports de Schuman et Adenauer, chancelier allemand, dans ce conflit d’intérêt, sont plutôt froids.

C’est là qu’émerge le projet d’un pool charbon-acier : il s’agit de placer la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une autorité commune. Ainsi toute guerre entre la France et l’Allemagne devient non seulement impensable mais matériellement impossible. Robert Schuman est conscient qu’un tel projet, cinq ans après la fin de la guerre, est une véritable bombe politique. Mais il sait aussi que c’est par la carte européenne qu’il peut espérer amorcer la réconciliation.

Les relations diplomatiques ne sont pas pour autant sans tensions. Deux gros dossiers attendent en effet le Ministre des Affaires étrangères : la question du réarmement de l’Allemagne, et le rattachement de la Sarre à l’Allemagne de l’Ouest.

Mais les contacts avec le chancelier Adenauer seront de plus en plus amicaux : en 1958, Schuman saluera l’Allemagne d’Adenauer :

Elle a su reprendre une situation forte et respectée dans le monde, sans puissance militaire, uniquement par son travail, par sa discipline, par la confiance qu’elle inspire.

Entre les blocs

(en cours d'élaboration)

 

Les colonies

C’est sous le ministère de Robert Schuman que va se poser la question des protectorats : la Tunisie et le Maroc. C’est le préambule de la constitution de la IVe République qui sera sa ligne politique au ministère des Affaires étrangères dans la gestion du problème colonial : la France s’engage à conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leur propres affaires. C’est ce que le ministre va s’employer à faire avec la Tunisie et le Maroc. Il entrera ainsi en contact avec Habib Bourguiba, leader nationaliste du parti nationaliste tunisien, et permettra le maintien en place du sultan Mohammed ben Youssef au Maroc. Mais il doit évidemment faire avec les colonies françaises implantées dans ces protectorats, qui ne manquent pas d’influence parmi ses alliers politiques. Aussi soucieux de faire avancer la questions européenne, avec la ratification de la CECA, il se voit contraint de ménager ses alliers radicaux, et ne peut mener comme il l’entend les protectorats vers l’autonomie. Du coup au Maroc comme en Tunisie, la fin du ministère Schuman est marquée par une agitation sanglantes dans les protectorats : le ministre s’est toutefois toujours refusé à employer la force, préférant une évolution progressive du statut.

par B.P.


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En 2013, le 50e anniversaire du 'dies natalis' de Robert Schuman,  offre à l'Institut Saint-Benoît l'opportunité exceptionnelle d'organiser,  avec le soutien de l'évêque de Metz, au cours de l'Année Robert Schuman, de septembre 2012 à septembre 2013,

 Trois journées, du vendredi 6 au dimanche 8 septembre 2013.

 

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